Guillaume Simon

Marre de toute cette musique de pique-nique, de tous ces mecs au look Pete-Doherty-du-dimanche-déjà-démodé, de toutes ces gonzesses de l’ouest parisien surexcitées, leurs ray-ban sur le nez, à la voix “à peine” maniérée, à l’accent fabriqué; marre de leurs acapellas sans intérêt, de leurs sessions acoustiques super bien filmées avec le dernier appareil photo HD à la mode, post-produites avec le filtre qui va bien, mis en ligne sur un blog top moumoute où n’importe quel groupe a l’air trooop talentueux mais en fait…non. Alors oui, les guitares sont belles (et chères), les jeunes sont bien coiffés (mais pas trop, faut pas que ça se voit), un peu déglingués (mais pas trop, s’agit pas de se faire disputer par sa maman), détendus (mais pas trop, faut garder l’air cool pour les photos qui seront sur Flickr puis FB, dans cet ordre), l’ambiance est bon enfant, un brin chiante, mais c’est parce qu’ils ont la chaaaance d’assister à des mini-concerts absolument “renversants de sincérité” assis en rond sur un bout de pelouse que les anglais ne nous envient pas (pas plus que les groupes présents d’ailleurs). Comme je suis balance (je parle du signe astrologique), je mentirais en disant que tout est à jeter, bien sûr que non. Mais un tel snobisme musical online (et offline), c’est juste trop beau pour être vrai.

Pendant ce temps, Seattle reprend la main sur la scène indépendante avec Minus The Bear. Ici, pas de lunettes écailles, pas de fleurs artificielles dans les cheveux, pas de banderolles, pas de stickers, pas de buzz, pas la peine.

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