Guillaume Simon

A patience, patience et demi…

A partir de quel moment exact commence-t-on à attendre ? Avant de savoir quoi, on attend rien, on est bien. Et puis on se met à voir, à sentir, à (re)ssentir, à respirer bruyamment, à macher la bouche ouverte, à crier dans la rue, à sourire aux caissières du franprix, à dire merci, à attendre la vie, à l’entrevoir, à l’effleurer, à la laisser filer, à l’attendre à nouveau, à pester, à taper du pied fort sur le parquet, à gueuler sur ceux qu’on aime, qu’on a aimé, à regretter, à ne pas s’excuser, à apprendre, à reprendre le fil, le fil de l’histoire écourtée, à donner ses tripes, à tout dépenser en fripes, et remarquer le soleil, enfin, illuminer un bout de trottoir mouillé, à remonter son jean gris nuit, à accélérer, à s’en foutre, à compter les poutres d’un toit du marais, à recompter ses erreurs, à avoir peur, ne plus bouger, cheese (!), à courir, à ne pas mourir, à monter dans le bus 96, à descendre à ménilmontant, et à t’attendre.

Pendant ce temps, Piers Faccini ne semble toujours pas faire honneur aux bons petits plats de sa maman mais on s’en fout, on se serre fort autour de la table pour chanter avec eux, en attendant…

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