J’avais tellement chaud, je suais des litres, le plafond était bas mais je m’en foutais. Je jouais fort, le magnétoscope tournait lui aussi à plein volume, la cassette était usée, presque démagnétisée. Je soufflais comme un malade mental dans mon saxophone japonais, improvisait encore et encore, cent fois, mille fois, par dessus ce passage, ce concert que j’ai tant aimé au premier étage de la maison de mon enfance, ma salle de jeux, mon “en-haut”, aux antipodes de la grosse pomme. Ce n’était pas toujours beau mais je m’en foutais. La vie n’est pas toujours belle mais elle sonne vrai. Quelques années plus tard, je serrais la main de Michael.
Pendant ce temps, partout où c’est possible, d’autres gamins insatiables brisent les tympans de leurs parents et c’est heureux.