Guillaume Simon

Si tu m’aimes, prends garde à toi

Est-on préparé à souffrir, à se réjouir, à en finir ou à rougir ? Bon sang, mais personne ne m’avait parlé de ça. Toute cette enfance à pédaler comme un malade autour du pâté de maison, à suer à grosses gouttes sur une petite merveille à 12 vitesses et cadre en alu, à terminer mes devoirs le lundi matin sur un cahier taché de nesquick, tout ce temps finalement perdu que j’aurais pu mettre à profit pour trouver, avant tout le monde, les clés de l’amour, de la vie en couple, tout ça. Eh bien non, il a fallu que les jeux vidéos, les disques, les magazines de rock, les voyages scolaires, les premiers (et courts) émois retardent l’échéance. Remarquez, ça me rappelle cette scène de Will Hunting où le psy dans un premier temps désarçonné par les facultés du jeune génie, lui rétorque (après une nuit de réflexion), que tout ce que ce dernier pourra dire, conclure sur la vie, n’est rien d’autre que quelque chose qu’il aura lu et retenu comme un robot, bref, qu’il ne connait rien et que c’est un petit con. Ouf, j’ai bien fait de ne rien faire, tous mes efforts n’auraient servi à rien, j’étais déjà un petit con, mais pas un génie.

Le temps file, les soucis s’accumulent (voir les pancakes un peu plus bas), les enfants grandissent, mon amour lit le soir, je lui parle à trois centimètres, je l’agace. Je suis toujours un petit con mais elle a l’air d’aimer ça, et moi aussi :) Savons-nous seulement pourquoi ?

Pendant ce temps, les Beach Boys donnent à manger à des chèvres et se disent que “God Only Knows”

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